BOÎTE À OUTILS

Préserver un bâtiment patrimonial

Capsules d'entretien et de rénovations

Réalisées en 2013, ces capsules présentent des informations qui demeurent pertinentes aujourd’hui. Elles sont conservées en ligne afin de permettre au public de bénéficier de l’expertise d'Alain Lachance, qui était ébéniste spécialisé en restauration du patrimoine bâti. 

Les capsules présentent tout en simplicité, les outils et les techniques à utiliser dans le cadre d'une restauration patromoniale. 

Restauration de portes et fenêtres
[tutoriels vidéo]

Rubriques du patrimoine bâti

Diffusion originale dans le journal Autour de l'île (2023)

Démystifier ensemble le patrimoine bâti : c’est le mandat que nous nous donnons à travers des capsules comme celle-ci, où nous aborderons des sujets parfois plus historiques et parfois très pratiques.

Que ce soit pour découvrir ou approfondir vos connaissances théoriques, pour être en mesure de parler d’égal à égal avec des entrepreneurs et artisans ou pour développer vos compétences afin d’entretenir vos biens patrimoniaux, il faut commencer quelque part. Et c’est parfois là où réside le défi !

Comme l’univers du patrimoine immobilier est riche de sa propre histoire, rien de mieux que d’explorer le vocabulaire qui permettra à tout un chacun de s’approprier les nombreux ouvrages qui existent déjà sur le sujet.

Le patrimoine architectural a une racine bien familière; puisque les constructions de l’époque étaient majoritairement faites par ceux qui l’utilisaient ; les mots qu’on y trouve sont à la fois très simples, mais précis. Ils décrivent souvent exactement ce que l’on voit, avec une légère touche de poésie.

Par exemple, le mur gouttereau, qui identifie le mur parallèle au versant d’un toit : c’est le mur qui voit la goutte d’eau tomber lorsqu’il pleut. Ou l’aisselier : c’est une pièce servant à renforcer deux éléments structuraux, l’un vertical et l’autre horizontal, un peu comme une aisselle.

Il existe plusieurs sources à partir desquelles se documenter sur le sujet, mais le glossaire produit par le ministère de la Culture et des Communications est assez complet.

Pour y jeter un œil : Glossaire – Vocabulaire de l’architecture québécoise 
Nombreux sont les ouvrages identifiant les styles d’habitation qui sont apparus sur le territoire québécois depuis sa colonisation et il est possible d’en dégager une tendance générale qui s’applique pratiquement partout.

Cependant, le territoire orléanais en est un d’exception – par son caractère insulaire et la richesse de ses terres – et on ne peut pas espérer découvrir sa nature sans l’aide d’un ouvrage spécialisé.

À cet effet, le plan de conservation du site patrimonial de l’Île-d’Orléans (MCC, 2017) n’est pas qu’un simple outil d’orientation, mais un véritable ouvrage de référence où sont consignées de nombreuses connaissances sur les caractéristiques de l’île et sur la manière dont on a appris à l’habiter.

Nous survolerons les styles d’habitation implantés sur l’île d’Orléans, à travers différents textes. Nous présentons aujourd’hui deux premiers styles d’habitation, soit la maison rurale d’inspiration française et la maison québécoise d’inspiration néoclassique.

Le style de la maison rurale d’inspiration française nous est venu directement du savoir-faire des premiers arrivants français qui se sont installés sur l’île entre la fin du XVIIe et du XVIIIe siècle. Ces maisons au volume simple d’un étage et demi sont construites très près du sol, en pierres ou en bois pièce sur pièce. Leur toiture haute est généralement faite de deux versants droits sans avant-toit et est percée d’une cheminée centrale. Les fenêtres, disposées de manière asymétrique de part et d’autre de la porte, sont peu nombreuses afin de limiter les pertes de chaleur.

Le style de la maison québécoise d’inspiration néoclassique, influencé par l’arrivée des Britanniques après la Conquête, mêle une certaine adaptation aux réalités climatiques du territoire à l’évolution des techniques de construction du XIXe siècle. Son rez-de-chaussée est surélevé du sol, pour s’éloigner de la neige, et les toitures sont agrémentées de larmiers débordants. Les fenêtres y sont plus nombreuses et réparties symétriquement par rapport à la porte centrale. La majorité des résidences anciennes de l’île qui ont survécu aux siècles suit cette typologie.

Bien qu’il existe de nombreux ouvrages sur l’île d’Orléans, le plan de conservation du site patrimonial de l’Île d’Orléans (MCC, 2017) contient une vaste section informative sur l’histoire et les caractéristiques du territoire orléanais.

Le plan de conservation brosse un portrait facile d’approche aux pages 15 à 17 pour faire un survol de l’histoire de l’île d’Orléans. Il débute par la présence amérindienne à l’île, alors nommée Minigo, passe par son exploration par Jacques Cartier, qui la nommera d’abord île de Bacchus, puis présente sa transformation par la naissance de ses premières paroisses, puis de ses municipalités.

Les pages suivantes, jusqu’à la page 66, brossent un portrait plus précis des différentes caractéristiques du site patrimonial, que nous pourrons explorer ultérieurement.

Découvrir deux types d’habitations implantées à l’île

En suite des rubriques publiées précédemment, nous survolerons deux autres styles d’habitations qui ont été implantés sur l’île d’Orléans après la maison rurale d’inspiration française et la maison québécoise d’inspiration néoclassique, soit le cottage Regency et la maison mansardée, aussi appelée de style Second Empire.

Cottage Regency

Apparu au Québec au début du XIXe siècle, le cottage Regency incarne le désir grandissant de villégiature et le besoin de proximité avec la nature de ses propriétaires. Il est principalement caractérisé par la présence d’une galerie sur tout son pourtour, elle-même protégée par la toiture à quatre versants (dite en pavillon) de la résidence.

L’habitation est également agrémentée d’une multiplicité d’ouvertures symétriques par rapport à un axe vertical central. Sa galerie est ornée de manière pittoresque grâce à ses aisseliers et sa frise en haut et sa balustrade de bois ou de fer en bas.

Maison mansardée

Dite de style Second Empire ou « à la Mansard », la maison mansardée fait son apparition vers la fin du XIXe siècle. Découlant elle aussi, comme le cottage Regency, du style monumental en vogue à cette époque en France, la maison mansardée est caractérisée par une toiture « brisée » agrémentée de lucarnes.

Le terrasson, la partie supérieure, et le brisis, la partie inférieure de la toiture permettent d’augmenter la surface habitable confortable de l’étage. Elle reprend autrement la majorité des éléments caractéristiques de la maison québécoise d’inspiration néoclassique.
Si votre curiosité vous a mené à prendre connaissance de l’historique de l’île, aux pages 15 à 17 du plan de conservation de l’Île d’Orléans, vous ne serez pas surpris par l’éventail des valeurs paysagères, architecturales, archéologiques et identitaires qui lui sont également associées. L’alternance des terres agricoles et des noyaux villageois, ponctuée par des secteurs de villégiature apparus depuis la construction du pont, met en évidence l’évolution des manières d’habiter l’espace. De la demeure rurale d’esprit français aux résidences contemporaines, le territoire livre toute une histoire à qui veut bien la découvrir.

Deux derniers types d’habitations implantées à l’île

Afin de clore le survol des typologies d’habitation traditionnelles que l’on retrouve sur l’île d’Orléans, nous abordons deux types de maisons vernaculaires industrielles et le sous-type de la maison Boomtown.

Il faut savoir que les avancées technologiques en matière de construction, vers la fin du 19e siècle, permettent de fabriquer en usine la majorité des éléments constructifs des résidences. L’inspiration des siècles passés ne se perd pas dans ces types architecturaux, mais on les simplifie par le biais de plans types que l’on retrouve en catalogue.

Maisons vernaculaires industrielles : cottage vernaculaire et maison cubique

Partageant des caractéristiques avec la maison québécoise d’inspiration néoclassique (voir texte précédent), les maisons vernaculaires industrielles se distinguent entre autres par leur toiture.

La toiture à deux pans du cottage vernaculaire a des versants droits, sans larmier retroussé – autrement nommé coyaux – et leur pente est moyenne ou faible. Elle est déposée sur un volume rectangulaire qui peut avoir un étage et demi ou deux.

La maison cubique possède une toiture à quatre versants partageant autrement les mêmes caractéristiques que celle du cottage vernaculaire. Elle protège un volume carré de deux étages, voire parfois de deux étages et demi. On la surnomme aussi « maison d’inspiration Four Square ».

Dans les deux cas, la toiture de la galerie devient indépendante de celle de la résidence et elle est décorée d’éléments fabriqués en série ; le caractère artisanal laisse place à l’efficacité et à l’accessibilité aux produits.

Maison Boomtown

Issu du développement rapide des villes américaines grâce à l’expansion de leur système ferroviaire et au lendemain de la Grande Dépression, ce style architectural est apparu à l’île d’Orléans au début du 20e siècle. Elle est surtout reconnaissable par sa toiture à très faible pente ou plate dissimulée derrière une corniche ou un parapet décoratif. 

Elle partage autrement plusieurs des caractéristiques des styles qui la précèdent, soit une symétrie des ouvertures réparties sur un volume cubique ou rectangulaire ; elle est agrémentée de quelques éléments décoratifs produits en série, comme chez le cottage vernaculaire et la maison cubique.

Une histoire de styles

Que son style soit d’origine française, anglaise ou bien de chez nous, la résidence est bien plus que la somme de ses caractéristiques architecturales. Elle est le cœur du foyer et le théâtre de nombreux souvenirs, elle nous protège des intempéries et témoigne de la résilience de ses constructeurs face aux aléas des saisons. Rendons-lui hommage et veillons à l’entretenir et la préserver le plus longtemps possible !
La fonte des neiges du printemps met parfois en lumière certains bris qui nécessitent notre attention.

Une inspection générale au printemps et à l’automne permettra souvent de remarquer un signe d’usure à temps, mais s’il est trop tard, une restauration partielle sera généralement beaucoup moins coûteuse qu’un remplacement. Adopter un calendrier d’inspection et d’entretien annuel vous aidera à planifier et prioriser les travaux courants tout en vous évitant des réparations ultérieures de plus grande envergure.

Qu’il s’agisse de peinture qui s’écaille sur un mur ou sur une galerie, d’un sillon dans le mortier de la maçonnerie, d’une gouttière tordue ou de sections de tôle qui se soulèvent aux coins, tous ces signes peuvent signaler autant de petits enjeux auxquels il est parfois facile de répondre. Si certains travaux devraient être faits par des professionnels, surtout pour ce qui touche la maçonnerie, d’autres sont plutôt à portée de main.

N’oubliez pas que tous ces travaux extérieurs nécessitent l’obtention d’un permis ou d’un certificat municipal ainsi que l’autorisation du ministère de la Culture et des Communications.

À titre d’exemple, et pour démontrer que même les travaux qui paraissent impossibles à faire soi-même nécessitent parfois simplement quelques outils spécialisés, le site web de la MRC de L’Île-d’Orléans héberge une série de capsules vidéo portant sur la restauration des portes et fenêtres.

Les deux premiers épisodes abordent le démontage des battants et présentent les outils utilisés pour leur décapage.

Pour y jeter un œil :

Capsule 1 Restauration portes et fenêtres; démontage 
Capsule 2 Restauration portes et fenêtres; décapage 
Les pluies abondantes du printemps et l’humidité générale ambiante peuvent nous faire découvrir de mauvaises surprises.

Qu’il s’agisse d’une fuite, de pourriture apparente ou de déformation d’éléments de bois, savoir reconnaître ces signes d’usure est utile pour tout propriétaire. Plutôt que de laisser la fenêtre se désagréger jusqu’à ce qu’il soit nécessaire de la changer, un entretien ou une réparation la fera durer encore de nombreuses années.

Les fenêtres traditionnelles de bois sont faites de manière à pouvoir être réparées par sections, facilitant le remplacement des éléments qui sont le plus souvent victimes de l’humidité.

Les sections horizontales sont celles qui sont le plus longtemps touchées par l’eau; si la traverse inférieure ou le petit bois horizontal nécessitent de démonter la fenêtre, la tablette peut être changée beaucoup plus simplement. Une tablette avec une légère pente et un casse-goutte en-dessous expulsera efficacement l’eau loin de la fenêtre et limitera l’exposition de la fenêtre à l’humidité.

À titre informatif ou de rappel, le système de fenêtre et de contre-fenêtre (que l’on change l’été pour un moustiquaire) offre un excellent coefficient thermique. Pour bénéficier du meilleur rendement avec celles-ci, il faut que la fenêtre intérieure soit la plus étanche possible afin qu’elle ne laisse pas traverser l’humidité créée à l’intérieur. Un coupe-froid peut être ajouté pour bonifier cette étanchéité. La contre-fenêtre, elle, servira à faire sortir l’humidité qui aura tout de même migré vers celle-ci. Elle doit permettre une circulation d’air suffisante; on ne la scelle donc pas. Le gradient de la température de l’air en provenance de l’intérieur diminuera doucement vers l’extérieur; c’est cette transition qui réduira les tensions sur les éléments composant la fenêtre et limitera sa dégradation.

La contre-fenêtre devra être réparée plus souvent que la fenêtre mais, si ses signes de dégradation sont vus à temps, ses réparations – au bout du compte – seront moins dispendieuses qu’un remplacement.

Capsules-conseils

À la suite des capsules vidéo référées dans l’article du mois dernier, le site Web de la MRC de L’Île-d’Orléans héberge deux autres épisodes, qui abordent le décapage du bois et l’entretien du mastic et du verre.

Capsule Décapage du bois 
Capsule Entretien du mastic  
Le guide technique sur les fenêtres à battants de la Ville de Québec est également d’une bonne aide; il illustre certaines interventions que vous pouvez effectuer pour entretenir vos fenêtres de bois :
https://www.ville.quebec.qc.ca/citoyens/propriete/docs/patrimoine/guide_tech04.pdf

Lexique

* Traverse inférieure : partie inférieure du cadre de la fenêtre

* Petit-bois : baguette de bois qui supporte les carreaux de verre

* Tablette : aussi appelé appui, elle est déposée sur la structure du mur

* Casse-goutte (ou gouttereau, goutte d’eau ou larmier) : fente faite sous la tablette afin que l’eau ne glisse pas sous celle-ci

Lorsqu’on pense aux municipalités et village de l’île d’Orléans, tous ont leurs particularités qui en font des lieux stimulant notre imaginaire. Les paysages d’exception qu’ils présentent sont caractérisés par des couleurs, des matériaux ou des formes qui nous permettent de les distinguer les uns des autres.

Si c’est l’accumulation des détails architecturaux qui donne sa personnalité aux résidences qui parsèment le territoire, la porte en est le point clé. 

Généralement centrée en façade avant, elle caractérise à la fois le style et l’époque de construction ou de transformation de l’immeuble.

En effet, l’évolution des méthodes de construction au fil des siècles a permis aux portes à panneaux – faits de planches assemblées à tenons et mortaises – d’être éventuellement percées et encadrées par de plus en plus de sections vitrées. Si les petits carreaux ont éventuellement fait place aux grands, la présence d’un chambranle pour encadrer l’ouverture et protéger le joint entre le mur et l’embrasure de la porte est toujours de mise. À la fois décoratif et fonctionnel, le chambranle reprend usuellement la même couleur que les autres détails architecturaux.

Examen visuel
Comme l’humidité et l’usure sont les agresseurs les plus courants des portes et chambranles, un examen visuel permettra de localiser les endroits les plus affectés – la peinture s’écaillera là où le bois sera abîmé. Si la pointe d’un couteau ou d’un objet pointu s’y enfonce, il faudrait songer à remplacer la planche. Heureusement, comme pour la fenêtre traditionnelle en bois, les portes de bois peuvent être réparées par section, limitant ainsi les frais liés à leur remplacement.

Dans le même ordre d’idées, les autres boiseries extérieures sont tout autant de petites qualités que possèdent des résidences anciennes. Leur somme vaut plus que l’addition de chacune de leur partie; elles agrémentent chaleureusement tout le pourtour de l’immeuble.

Qu’il s’agisse des moulures murales (les planches cornières et de rive), d’éléments pouvant composer la corniche (consoles, modillons ou denticules) ou la galerie (balustres, main courante, lisse basse, aisseliers et lambrequins), ces éléments décoratifs rythment les façades qu’ils ornent. Il importe donc de les préserver et les mettre en valeur !

Fiches explicatives
Votre curiosité vous appelle ? N’hésitez pas à consulter les fiches « L’ABC de l’arrondissement historique de l’Île-d’Orléans ». Elles abordent visuellement une douzaine de sujets, dont celui des portes et fenêtres et de l’ornementation.

Fiche # 7 sur les portes et fenêtres

Fiche # 9 sur l’ornementation

Capsule-conseils
Le site Web de la MRC héberge un épisode spécifique sur l’entretien d’une porte traditionnelle (disponible à la suite des capsules vidéo référées dans nos récents articles). Comme avec de nombreux éléments de bois, on peut arriver à en lire l’histoire avec un peu de pratique :
Capsule vidéo 4, les portes 

Quand il est question d’entretien et de restauration d’éléments traditionnels des résidences anciennes, la clé se trouve dans les détails. Bien que certains matériaux et techniques traditionnels se soient perdus au fil du temps ou soient difficilement accessibles, il existe des options contemporaines qui pourront répondre adéquatement à vos besoins. Dans la lignée des rubriques précédentes, celle-ci s’attardera sur la peinture et la ferronnerie de certains éléments caractéristiques des résidences construites avant la première moitié du 20e siècle.

Capsules-conseils

Pour mieux comprendre la suite du texte, nous vous invitons à visionner cette capsule de conseils à la rénovation qui porte sur la peinture et la ferronnerie.

Peinture : faire des choix importants
La première notion importante à garder en tête : tout type de peinture ne se prête pas à toute intervention. La différence de porosité entre les matériaux est un enjeu majeur de la composition de la peinture à favoriser. Le bois absorbera beaucoup de pigments tandis que le métal aura besoin d’ingrédients supplémentaires pour bien le protéger. Le bois, comme le métal, doit être préparé avant de pouvoir couvrir les surfaces par une nouvelle couche de peinture. D’abord décapée, sablée, puis apprêtée, la surface pourra ensuite recevoir un produit de finition qui tiendra le plus longtemps possible.

Pour vos portes et fenêtres en pin blanc, si votre choix s’est arrêté sur une peinture acrylique, utilisez un apprêt à base d’huile plutôt qu’à base d’eau afin d’éviter le gonflement des fibres du bois. Cette couche de préparation à base d’huile offrira également un fini plus uniforme.

Si vous souhaitez plutôt opter pour un produit plus traditionnel, deux couches de peinture à l’huile de lin pourront être appliquées sur une surface préalablement apprêtée d’une couche d’huile de lin. Cette peinture protègera également les joints de mastic des infiltrations d’eau si on la fait dépasser d’un ou deux millimètres sur le carreau.

Dans le même ordre d’idées, pour votre toiture de tôle, une peinture à l’huile ( aussi appelée à l’alkyde ), aura une bonne adhérence sur le métal. Vous pourriez autrement utiliser une couche d’apprêt à l’époxyde suivie d’une peinture polyuréthane afin d’obtenir un résultat équivalent.

Décorations de portes et fenêtres : l’importance d’identifier l’année de construction
Pour agrémenter vos portes et fenêtres de ferrures appropriées à l’âge de votre résidence, choisissez un matériau ou un fini adéquat. Les résidences construites avant le 18e siècle s’agrémenteront de fer forgé, celles du 18e siècle de fer moulé, puis apparaîtront, au 19e siècle, des détails de fonte, de bronze, de laiton et, vers la moitié du siècle, de porcelaine.

Au niveau des dispositifs de fermeture, les targettes – petits verrous de surface autonomes – couplées à des poignées de tirage indépendantes feront place aux crémones – systèmes verticaux intégrant targette et poignée en un seul système – vers la moitié du 19e siècle.

Lorsqu’il est question de détails constructifs, les supports visuels deviennent nécessaires pour bien saisir leur subtilité. Voici trois pistes de lecture :

Varin, François (2008). Les dessous de la quincaillerie. Continuité, (117), 52–55.
https://www.erudit.org/fr/revues/continuite/2008-n117-continuite1055956/17377ac.pdf

Dion, D. & Varin, F. (1987). La quincaillerie décorative. Continuité, (34), 32–33.
https://www.erudit.org/fr/revues/continuite/1987-n34-continuite1051884/17923ac.pdf

DUBÉ, Françoise (1991). La quincaillerie d’architecture de Place-Royale. Québec : Publications du Québec, ministère des Affaires culturelles, 408 p. [pas de lien, ouvrage à commander].

Lorsque les températures estivales laissent place aux couleurs de l’automne, il est temps de se préparer aux pluies et à la fraîcheur à venir. Comme les prochaines saisons peuvent restreindre la réalisation de certains travaux, généralement pour des questions de température, il importe de remarquer les enjeux de perméabilité de notre immeuble avant que le printemps et la fonte des neiges nous surprennent par une infiltration.

Une restauration, voire une simple réparation temporaire, en automne, pourrait permettre d’éviter le pire et laisserait le temps de prévoir d’autres travaux, si nécessaires, pour le printemps prochain. Mais par où commencer ?

Carnet de santé et photos à l’appui

L’observation de toute l’enveloppe du bâtiment, incluant son revêtement, ses fondations et sa toiture, permettra de brosser le portrait de l’état de votre immeuble. Équipez-vous d’un carnet et d’un appareil photo, puis documentez chaque façade par des notes et des photos. Ces dernières permettront de surveiller l’évolution d’une problématique qui n’est pas nécessairement urgente à régler.

Cette observation globale pourra vous servir à établir le carnet de santé de votre résidence – un outil pratique pour échelonner les travaux à prévoir.

On notera, sur le revêtement extérieur :
- les bris apparents 
- les taches pour lesquelles il faudra valider s’il s’agit de décoloration normale ou d’un autre problème ( par exemple : pourriture, écoulement d’eau régulier identifiant un enjeu d’infiltration, etc. ) 
- la peinture qui s’écaille ou qui boursoufle
- les traces de rouille là où un solin ou un autre élément de métal est présent

Au changement des contre-fenêtres d’été pour celles d’hiver, on s’assurera de leur état avant de les entreposer. Pour contrer les températures froides, il est impératif que la fenêtre intérieure soit bien ajustée à son cadre, afin de limiter les fuites d’air ; la contre-fenêtre, elle, doit permettre à l’air de circuler dans l’espace créé entre elles. C’est cette circulation d’air qui évacuera l’humidité créée par la condensation sur la fenêtre intérieure.

On regardera également l’état de la toiture et des gouttières pour voir si les bardeaux ou la tôle sont relevés, s’il y a présence de mousse ou de lichen ( trop d’humidité peut finir par affecter l’état des matériaux ), si les planches au bas des lucarnes semblent affectées par l’humidité, etc.

Par ailleurs, aviez-vous noté des glaçons se formant au bas de votre toiture l’hiver dernier ? Si oui, il s’agit vraisemblablement d’un problème d’isolation : la chaleur qui s’échappe de la toiture fait fondre la neige qui la recouvre. Celle-ci se refroidit ensuite au contact de l’air extérieur. Ce jeu de fonte et de gel crée une pression entre et sur les matériaux de recouvrement et cela peut mener à des infiltrations d’eau.

Un tour des fondations permettra de voir si les descentes de gouttières sont bien fixées et dirigent l’eau au bon endroit. Une étude des fissures, s’il y en a, au fil des ans, permettra de voir si le tassement observé a été ponctuel ou s’il s’agit d’un enjeu structurel. On pourra également noter les endroits où le crépi commence à s’écailler afin d’entretenir cette couche de protection.

Si toutes les remarques ne doivent pas nécessairement être prises en charge immédiatement, pour des questions de coût ou d’organisation, vous pourrez vous éviter des maux de tête en établissant un plan d’entretien à court, moyen et long terme.

Et vous apprendrez à découvrir votre résidence sous un œil de plus en plus attentif !

Capsules conseils
Pour vous aider à développer votre sens de l’observation, l’organisme Action Patrimoine a rendu disponible une série de fiches techniques et descriptives identifiant les problèmes les plus fréquents ainsi que des solutions et des méthodes d’intervention pour les régler.
Vous pouvez les consulter sur leur site web : https://actionpatrimoine.ca/outils/fiches–techniques/